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Récit de Mlle MICHOU
"En novembre, nous nous sommes retrouvés très nombreux autour de Melle MICHOU, guide incomparable, pour découvrir le village d'IBOS et sa collégiale.
Arrivés par l'ancienne route, nous avons franchi la Garounère, minuscule ruisseau qui constitue la limite entre les communes de TARBES et IBOS, et nous avons pu remarquer que le village d'IBOS est bâti sur une terrasse alluviale, au pied de laquelle, quelques carrés de vignes témoignent d'un micro-climat, tandis que le dessus du palier assez vaste, jouit d'un micro-climat par rapport à la plaine de TARBES. La commune d'IBOS s'étend sur 3.288 Ha (son territoire est largement plus étendu que celui de TARBES 1.514 Ha).
Pour nous parler d'IBOS à travers les âges, Mlle MICHOU a souvent cité Guillaume MAURAN, fidèle et loyal sujet de Henri IV : "Son terroir est large et bien cultivé de la part d'Orient ; du côté d'Occident, il y a quelques prairies et vignobles, le reste est forêt et landes. La terre cultivée est assez fertile, le vin des vignes médiocrement bon et le pâturage des landes est fort utile pour le nourrissage du bétail au printemps, mais en été, le bétail y languit, principalement celuy du labourage et souvent y meurt à cause que l'eau tarit ou es corrompt, et sa corruption engendre maladies contagieuses. Les forests sont fréquentées des chasseurs, qui trouvent céans des sangliers, des cerfs et des biches…"
Giboyeuses, les forêts le restèrent longtemps pour la grande satisfaction des Anglais qui, au début du 19ème siècle, étaient d'abondance venus s'installer à TARBES où ils entretenaient équipages et meutes pour la chasse à courre. Mais ils décidèrent d'aller se fixer à PAU après bien des disputes avec les paysans très sourcilleux sur le respect de leurs récoltes.
Il faut dire aussi que, paysans pour la plupart, les Iboscéens avaient toujours un grand appétit pour agrandir leur territoire. C'est ainsi que voulant s'étendre vers Juillan, ils eurent même des procès avec les Templiers, dont une commanderie était établie à BORDERES en 1142 et ensuite, avec des chevaliers de Saint Jean de Jérusalem, à qui la Commanderie avait été attribuée.
Après des contestations avec leurs voisins, les Tarbais, les Iboscéens s'en remirent à un arbitrage et il fut décidé qu'en période d'épidémie, le bétail malade d'IBOS ne devait sous aucun prétexte descendre le Pouey.
Au Moyen-Age, IBOS était la 6ème ville de la Bigorre après Tarbes, Bagnères, Lourdes, Vic et Rabastens. IBOS avait cessé de se développer au début du 17ème siècle. "La ville d'IBOS a perdu tous les ornements qui décorent une ville, n'ayant plus aucune foire, ni marché, aucune fermure de fossé, ni muraille, hormis le nom de ville qui lui est resté".
Mais une photo aérienne du quartier de la Collégiale, prêtée par Monsieur le Maire d'IBOS permet de retrouver le tracé des anciens remparts au cœur de l'agglomération. Mlle MICHOU rectifie les commentaires rapides, explique ce qui, dans les ruines laissées par le 16ème siècle, est la part des dégradations commises par la soldatesque huguenote et la part des destructions opérées par le représentant du Roi, pour empêcher qu'IBOS soit un repaire de Ligueurs.
La ville avait reçu sa charte d'affranchissement à la fin du 12ème siècle et, étant indépendante, il lui fallait se défendre. Elle a toujours tiré parti de sa position de ville frontière, proche du Béarn, faisant confirmer ou agrandir ses privilèges, soit par les Comtes de Bigorre, soit par les Rois de France, soit par les Rois d'Angleterre, selon les péripéties mouvementées de la guerre de Cent Ans.
Vers 1300, selon une enquête ordonnée par Philippe IV Le Bel qui se prétendait héritier du Comté de Bigorre, IBOS comptait deux cents feux, c'est à dire une population importante, composée essentiellement de paysans.
La ville avait bien évidemment ses armes. Sur une vieille pierre, elles sont simples : une croix cantonnée de quatre I. Aujourd'hui, l'écu est encadré par deux branches de feuillage : celle de dextre est fruitée, celle de sénestre non fruitée. Ces fantaisies et les couleurs des quartiers pourraient être des adjonctions dues à Monsieur LACOSTE, qui fut Maire de 1851 à 1893.
En 1868, un terrible incendie aurait détruit les ¾ du village. En fait, il semblerait que seules les toitures, couramment de chaume, aient brûlé et que le sinistre ait été moins important qu'on ne le rapporte, car dans le village, bien des maisons sont plus que centenaires. Par son nom, la rue Brûlée rappelle cette catastrophe. Mlle MICHOU nous a fortement conseillé de flâner dans les rues du village pour y remarquer les éléments de l'architecture bigourdane, dont l'originalité n'est pas assez connue :
les toits pentus à coyau et couvertures d'ardoises, avec lucarne à capucine ou à abside polygonale, selon la tradition du 18ème siècle,
les magnifiques encadrements de portes et de fenêtres en pierre de taille et au linteau souvent bombé,
la disposition particulière des communs ou bâtiments de ferme, par rapport à l'habitation principale,
les portails très important, parfois avec un auvent qui est un beau travail de charpente.
Actuellement, des normes sont fixées à tout restaurateur de vieille maison et à tout constructeur, pour conserver au village son unité architecturale.
BIBLIOGRAPHIE
Sur la Commune
- "Les Huguenots en Bigorre" (enquête de 1575 publiée par DURIER et CARSALADE en 1874)
- "De la Ville d'IBOS" de Guillaume MAURAN
- Sommaire description du "Païs et Comté de Bigorre" (ouvrage écrit en 1614 et publié en 1887)
- "Le Puits d'IBOS" de Louis CADDAU (Revue des Hautes-Pyrénées Revue des Hautes-Pyrénées en 1908)
- "Quelques notes sur IBOS" de E. BLANC (Bulletin de la Société Académique des Hautes-Pyrénées en 1931)
- "Accord d'Arbitrage de 1294" de X. RAVIER (tiré à PAU, Archives Départementales des Hautes-Pyrénées)
- "L'incendie d'IBOS" en 1868 de L. PYHOURQUET (presse locale 1968)
- "Le mobilier religieux en Bigorre au 17ème siècle et au 18ème siècle" Thèse d'Etat de F-C LEGRAND
Sur la Collégiale
- "Voyage archéologique et historique dans l'ancien Comté de Bigorre" CENAC-MONTAUT 1856
- "Le clocher de la Collégiale" de Maurice LANORE
- "Le guide bleu des Pyrénées"
- "De Lourdes à Gavarnie" de G. BALENCIE et R. RITTER (1936 Privat-Didier)
- "Eglises des Hautes-Pyrénées" de P. De GORSE (1976 Collection Art et Tourisme)
Sur le clergé
- Fonds FRANCEZ (Archives Départementales des Hautes-Pyrénées)
Sur les habitants
- "Les pépis d'IBOS" de X. De CARDAILLAC (1901 DUSSEQUE, TARBES)
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